lundi 23 avril 2007
Entre félons, on se comprend bien. C’est sans doute pourquoi Eric Besson, le député de la Drôme [1] en rupture de ban avec Ségolène Royal a rallié dimanche Nicolas Sarkozy, lequel l’a chargé d’animer un pseudo "pôle d’intellectuels de gauche ralliés à Nicolas Sarkozy" [2].
Après avoir longuement discuté avec Nicolas Sarkozy samedi matin (ce qui n’était pas une première, puisque après son départ fracassant du PS, Eric Besson avait contacté Nicolas Sarkozy, le louant pour avoir changé, et s’excusant d’avoir travaillé contre lui pour le compte du PS), Eric Besson a donc choisi la traitrise, acceptant de s’avilir au même niveau qu’un Bernard Tapie (peu importe le cheval, tant qu’il y a moyen de "faire du chiffre" sous la protection d’un parrain sûr).
C’est en tous cas une première dans l’histoire de la Ve République que réalise ce mercenaire à travers l’exploit de commencer une campagne présidentielle pour le principal parti de "gauche", avant de la terminer pour le principal parti de "droite". Chapeau bas M. Besson, bel exemple de rebond professionnel d’un cadre en pleine carrière [3].
Et dans une tentative désespérée de justification ne convaincant que lui-même (et encore, c’est même pas sûr), Eric Besson évoque ses "valeurs" pour légitimer sa traitrise : "J’ai le sentiment aujourd’hui que les valeurs auxquelles je crois, les convictions que j’ai sont, paradoxalement, mieux portées par un candidat républicain de droite que par la candidate du Parti socialiste" explique-t-il aux agences de presse.
Comme s’il était encore possible d’imaginer un instant qu’un mec comme Besson pouvait avoir de quelconques valeurs ! Ca se passe comme ça...
[1] L’homme est également ex-directeur national du PS en charge des questions économiques (remplacé par Michel Sapin). A ce titre, il connaît très bien le PS depuis l’intérieur, telle une taupe qui aurait logé pendant des années au sein de la taupinière royale, dont il connaît les moindres tunnels et recoins. Pour mémoire, Eric Besson a claqué la porte du staff de campagne de Ségolène Royal sur un désaccord concernant la façon de communiquer à propos du chiffrage du projet socialiste, chiffrage dont il était plus ou moins en charge de par sa fonction au PS. Ceci fait que, quoiqu’en dise François Hollande, la félonie de Besson est une vraie épine dans le pied pour Ségolène Royal. Non pas tant pour l’utilité superfétatoire de Besson dans l’animation de ce pseudopôle de gauche rallié (motif de façade médiatique), mais surtout pour les secrets intimes de la stratégie de Royal qu’il détient, et qu’il va livrer en offrande à Nicolas Sarkozy. Habilement orchestré finalement, le timing de cette félonie... Ca se passe comme ça.
[2] Concept 100% "copyright 2007 Regne du faux Corp. All rights reserved for all countries".
[3] On peut craindre désormais, maintenant qu’un félon professionnel a fait 30% au premier tour d’une présidentielle, que tous les traitres, félons, fourbes et autres faux-culs de France se dévoilent les uns après les autres, convaincus qu’ils vont être maintenant que la trahison est payante... Et après, tout ça vient nous parler de **valeurs morales**, en donnant des leçons au monde entier...