vendredi 23 juin 2006
Montrer ses muscles aux technocrates des institutions européennes suffirait-il à les amadouer ?
Ainsi, quelques mois après l’enterrement du projet de libéralisation des services portuaires par un Parlement européen encore sous le choc du passage "musclé" des dockers en ses locaux [1], la Commission européenne vient d’autoriser l’extension du système de zones franches urbaines dans l’Hexagone [2].
Cela ne lui ressemble pourtant pas d’avaliser ce genre de dispositifs contraires à la "concurrence libre et non faussée"... Oui, mais les violences urbaines de novembre 2005 sont passées par là. "Bruxelles a été très impressionnée par les émeutes de novembre dernier. José Manuel Barroso, le président de la Commission (...) s’était déclaré prêt à accompagner les mesures que prendrait le gouvernement français. Cela a pesé dans les négociations" expliquait hier Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité [3].
Finalement, c’est NTM qui avait peut-être raison en demandant "Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?". C’est triste, mais ça a l’air de payer.
[1] Le 16/01/2006, les syndicats européens de dockers ont organisé une manifestation monstre à Strasbourg, débordant les forces de l’ordre et saccagant les locaux du Parlement. Le 18, les eurodéputés enterraient le projet de libéralisation des services portuaires...
[2] Quinze nouvelles zones franches urbaines seront créées et 29 déjà existantes étendues...
[3] Citée par Les Echos, 23/06/2006.