mercredi 23 juillet 2008
Le haut fonctionnaire adjoint du secrétaire général du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, accusé par un vigile de supermarché d’avoir pété un plomb à son encontre en le traitant de "sale noir" et de "sans papiers" alors qu’il souhaitait contrôler son identité à l’occasion d’un paiement par chèque, n’a guère de souci à se faire : la plainte du noir a été classée sans suite.
Mais pour l’avocat du vigile, les choses ne peuvent s’arrêter là, dans cette histoire de "parole contre parole" où très vite seraient apparues des pressions sur les témoins émanant du mis en cause (pressions suite auxquelles SOS Racisme a porté plainte pour subornation de témoins) :
"Il est, par exemple, invraisemblable qu’il n’y ait jamais eu de confrontation dans cette affaire. Et je n’ai par ailleurs jamais vu un dossier dans lequel le mis en cause a toutes les informations sur l’avancement de l’enquête et l’avocat du plaignant aucune. Cela m’est très agréable d’avoir dans les communiqués de presse de l’avocat de monsieur Béranger les avancements de l’enquête. Nous sommes totalement exclus. Dès le début de cette affaire, c’est Gautier Béranger qui, lors de sa première audition, vient remettre des témoignages de caissiers venant corroborer sa version" explique ainsi Me Patrick Klugman interrogé par l’Obs.
Scandalisé, l’avocat compte porter plainte avec constitution de partie civile, pour contraindre la Justice à une véritable enquête.
Au-delà du scandale d’une déclaration raciste par une personne chargée de l’autorité publique, il serait encore plus grave que désormais la vérité ne devienne plus que celle dictée par les manoeuvres du sinistre ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Or ça pourrait bien se passer comme ça, si ce dossier n’est pas instruit décemment.