samedi 10 novembre 2007
Pour la première fois aujourd’hui, G.W. Bush a évoqué, en la présence de la chancelière allemande Angela Merkel [1], la priorité à donner à la négociation dans le dossier du nucléaire iranien.
Pour un illuminé qui nous pronostiquait la 3e guerre mondiale à Téhéran il y a peu, ça s’est vachement calmé. Serait-ce parce qu’à force d’aveuglement et de dogmatisme borné, il n’avait même pas été fichu de réaliser que la chimère de la bombe atomique islamique n’était pas iranienne, qu’elle existait déjà, dans ce Pakistan vassalisé par l’Administration Bush et qui aujourd’hui s’apprête à nous exploser au visage comme une cocotte-minute ?
[1] Non, non, Nicolas, ce n’est pas grâce à toi. Non, ce n’est pas grâce à ton super discours devant le congrès US, tu peux te recoucher.
Les Etats-Unis relativisent la menace nucléaire iranienne LE MONDE | 04.12.07 | 14h12 • Mis à jour le 04.12.07 | 14h28 NEW YORK CORRESPONDANT
L’Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l’année 2003" et ne l’a pas réactivé, même si le régime de Téhéran "garde ouverte l’option militaire". Telles sont les conclusions, rendues publiques lundi 3 décembre, du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences d’espionnage des Etats-Unis.
Ces conclusions, attendues depuis le printemps, vont à l’encontre de ce qu’a affirmé le gouvernement américain sur le dossier nucléaire iranien depuis plusieurs années. Elles sont surprenantes à plusieurs titres : leur contenu, le motif invoqué pour les divulguer et leurs implications politiques explicites.
A l’unanimité, les membres du Renseignement national américain ont donc conclu que l’Iran a gelé son programme militaire nucléaire "à la fin 2003". Le rapport accorde à cette information un niveau de "haute confiance", qui indique "un jugement fondé sur des informations de qualité supérieure".
Evoquant l’option de l’arme nucléaire, gardée "ouverte" par Téhéran, le rapport souligne pour la première fois que l’Iran a importé de la matière fissile de qualité militaire. Il estime que l’Iran, en cas de relance de son programme, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010, et, précisent-ils, "toutes les agences admettent la possibilité que cette capacité ne soit pas atteinte avant 2015".
Loin de dépeindre le régime iranien comme incontrôlable, le rapport juge que ses décisions "sont guidées par une approche coût-bénéfice plus que par une ruée vers l’arme (nucléaire) sans tenir compte des coûts politiques, économiques et militaires". Les dirigeants des services de renseignement américains en tirent la conclusion suivante : "Une combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions, alliée à des possibilités offertes à l’Iran de parvenir à accéder à ses objectifs de sécurité, de prestige et d’influence régionale, si les dirigeants iraniens les perçoivent comme crédibles, amènerait Téhéran à prolonger l’arrêt actuel (de son programme militaire nucléaire)." Cette stratégie heurte frontalement la philosophie exprimée jusqu’ici par le président George Bush.
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Voir en ligne : Le Monde
Asie-Pacifique
Flambée de violence après l’assassinat de Benazir Bhutto
AP | 27.12.2007 | 19:52
De violentes émeutes ont éclaté jeudi soir au Pakistan après l’assassinat de l’opposante Benazir Bhutto, symbole du possible retour de la démocratie dans ce pays. Accusant le terrorisme islamiste, le président Pervez Musharraf a exhorté la population au calme et décrété trois jours de deuil national.
A deux semaines des élections législatives fixées au 8 janvier et un peu plus de deux mois après le retour d’exil de l’ancien Premier ministre, l’attentat-suicide qui lui a coûté la vie à Rawalpindi, dans l’Est du Pakistan, menace de jeter le pays dans le chaos. La condamnation de la communauté internationale est unanime.
Déjà à son retour de huit ans d’exil volontaire le 18 octobre, Benazir Bhutto avait échappé à un attentat-suicide à Karachi qui avait fait plus de 140 morts.
Jeudi, Mme Bhutto, qui était âgée de 54 ans, venait de s’adresser à des milliers de partisans du Parti populaire du Pakistan (PPP) dans le cadre de la campagne électorale quand elle a été tuée, avec une vingtaine d’autres personnes, selon les témoins, dont un journaliste de l’Associated Press.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Javel Iqbal Cheema, a déclaré à la télévision qu’elle était morte dans l’explosion d’un kamikaze près de son véhicule, tandis que le conseiller à la sécurité de la dirigeante, Rehman Malik, affirmait qu’un homme avait ouvert le feu sur elle, l’atteignant au cou et à la poitrine, avant de déclencher sa charge. "Nous avons demandé plusieurs fois au gouvernement de la protéger correctement (...) mais ils ne nous ont pas écoutés", a-t-il ajouté.
Grièvement blessée, Mme Bhutto a été évacuée. "Elle est décédée à 18h16", selon Wasif Ali Khan, du PPP, qui se trouvait à l’hôpital général. "Elle est devenue une martyre", a déclaré le sénateur Babar Awan, son avocat. Des partisans de Benazir Bhutto sur place ont hurlé des "Assassin ! Assassin Musharraf !".
Certains ont cassé des vitres tandis que d’autres éclataient en larmes ou se frappaient la poitrine. Dehors, des sympathisants du PPP ont brûlé des affiches électorales de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-Q) au pouvoir et attaqué la police, qui a pris la fuite. Rawalpindi, située en banlieue de la capitale Islamabad, abrite le siège du pouvoir militaire pakistanais.
Des violences ont également éclaté dans d’autres villes, notamment à Lahore (est), Multan (centre), Peshawar (nord-ouest) et Karachi (sud). Dans cette ville, la foule commençait à brûler des pneus, incendier des véhicules ou une station-service, selon un responsable de la police locale. Deux policiers ont été blessés par balles, a ajouté Fayyaz Leghri.
A 190km au nord de là, à Tando Allahyar, un homme a été tué dans une fusillade entre la police et des manifestants, d’après le maire, Kanwar Naveed. A Tando Jam, des manifestants ont mis le feu à un train. Un peu partout, des banques, magasins d’Etat et commerces privés et même des locaux de la PML-Q ont brûlé, selon les médias locaux.
Le ministère de l’Intérieur de la province méridionale de Sindh, Akhtar Zamin, a déclaré que l’armée pourrait être déployée.
Pour Pervez Musharraf, l’assassinat de Mme Bhutto est "l’oeuvre de ces terroristes contre lesquels nous sommes en guerre". Il a exprimé sa "détermination" à les "éliminer". "J’appelle la nation à rester pacifique et à faire preuve de retenue", a-t-il ajouté.
A Rawalpindi, l’autre figure de l’opposition, l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, renversé par le coup d’Etat du général Musharraf en 1999, a incité la foule à "venger (la) mort" de Benazir Bhutto, "ma soeur", a-t-il dit. "Nous nous vengerons des dirigeants", a lancé le chef de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N).
M. Sharif, revenu d’exil en novembre, a annoncé un peu plus tard que son parti boycotterait le scrutin et a exigé "la démission immédiate de Musharraf".
Benazir Bhutto, à la tête du gouvernement de 1988 à 1996, jouissait d’un large soutien au Pakistan et était appréciée en Occident pour ses positions libérales ainsi que sa détermination à combattre l’extrémisme islamique. Les Etats-Unis, dont le Pakistan est le premier allié contre le terrorisme, poussaient Pervez Musharraf à conclure une alliance avec elle pour les législatives.
Le président George W. Bush a condamné un "acte lâche perpétré par des intégristes meurtriers qui cherchent à saper la démocratie pakistanaise". Il a exhorté la population à "poursuivre le processus démocratique pour lequel elle (Benazir Bhutto) a si courageusement donné sa vie". Le ministre indien Manmohan Singh s’inquiétait également pour la stabilité de toute la région. "On ne doit pas permettre aux terroristes de tuer la démocratie au Pakistan", a lancé le Premier ministre britannique Gordon Brown. AP